Hommage à Marie-Claude Jaurand
La communauté scientifique du mésothéliome est en deuil. Marie-Claude Jaurand, Directrice de Recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), nous a quittés.
Marie-Claude a consacré l’essentiel de sa carrière à l’étude du mésothéliome pleural, une maladie à laquelle elle a apporté une contribution scientifique majeure.
Pionnière dans ce domaine, elle a joué un rôle déterminant dans la compréhension des mécanismes par lesquels les fibres minérales, et en particulier l’amiante, provoquent cette forme de cancer. Elle a également été parmi les premières à développer des modèles expérimentaux qui ont ouvert la voie à de nombreuses avancées scientifiques pour la pathologie du mésothéliome. Chercheuse passionnée jusqu’à ses derniers jours, elle a poursuivi ses travaux au Centre de Recherche des Cordeliers, où elle a contribué de manière décisive à décrypter les mécanismes moléculaires du mésothéliome en utilisant les méthodologies, les plus innovantes.
L’impulsion que Marie-Claude a donnée aux équipes de recherche qu’elle a successivement dirigées, a conduit à une production scientifique remarquable, riche de publications originales et d’ouvrages didactiques. Des générations entières de chercheurs ont été formées, accompagnées et inspirées par elle, et continueront d'irriguer la recherche sur le mésothéliome dans le futur.
Au-delà de ses contributions scientifiques, Marie-Claude a joué un rôle structurant pour la communauté nationale et internationale. En 1991, elle a co-fondé l'International Mesothelioma Interest Group (iMig) dont elle a été la première présidente, posant ainsi les bases d'un réseau mondial qui demeure aujourd'hui le cœur de la recherche sur cette pathologie. En 2017, elle a eu un rôle moteur dans l’organisation des premières journées francophones du mésothéliome qui continuent aujourd’hui de rassembler chercheurs, cliniciens et acteurs de la lutte contre cette maladie autour d’un même objectif : faire progresser les connaissances et améliorer la prise en charge des patients.
Experte reconnue en toxicologie par ses pairs tant en France qu'à l'international, elle a œuvré pour la santé publique en participant à de nombreuses expertises pour de grandes organisations scientifiques et agences de santé publique, parmi lesquelles l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS), l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) et l’INSERM. Par son expertise des conséquences sur la santé des fibres minérales et des nanoparticules, notamment dans le domaine du cancer, elle a contribué à une meilleure évaluation de ces risques environnementaux et à leur prise en compte dans les politiques de santé publique.
Nous perdons une scientifique d'exception et pour beaucoup d'entre nous, une amie précieuse.
Son œuvre et sa mémoire continueront à nous inspirer pour les années à venir.


